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Filer à l'anglaise

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THRAELLAR
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MessageSujet: Filer à l'anglaise  Mer 6 Juin - 20:44

Filer à l’anglaise
feat Ezra Skeggi et Aelfstan


Depuis mon arrivée à la ferme des barbares, je compte les jours. Chacun est parsemé d’évènements étranges qui ont peu de sens pour moi. Essayer de comprendre leurs mœurs était comme essayer de résoudre une énigme pour laquelle je n’ai aucun indice. Et le fait que j’apprenne leur langue avec une lenteur atroce ne m’aide pas.

Le premier jour, je me suis enfui. Enfin, je crois. J’ai davantage l’impression que c’était une mise en scène dans laquelle on m’a minutieusement poussée. Le barbare m’a détaché. Il m’a même poussé dans le dos avant de me regarder partir. Puis lorsque j’ai été hors de vue, et seulement là, il s’est mis à ma poursuite. Il savait que j’étais trop épuisé pour le semer. Il m’a ramené à la ferme sans difficulté puis il m’a attaché de nouveau. Je ne suis pas sûr de savoir à quoi ce petit jeu a servi.

Le deuxième jour ils m’ont laissé tranquille. J’ai dormi presque sans arrêt du matin au soir. J’étais tellement fatigué et je faisais de la fièvre. Après ça, les jours ont commencé à se ressembler. Il était évident que les barbares voulaient que je travaille au champ. Que d’effort avaient-ils mis à me ramener depuis de l’autre côté de la mer pour me destiner à des tâches aussi serviles et ennuyantes. Surtout que je n’étais pas de grande utilité vu ma faiblesse et le peu de liberté qu’ils m’accordaient. Est-ce que c’était vraiment là leur but premier?

Le quatrième jour, un des guerriers qui était sur le bateau sur ces terres maudites est arrivé à la ferme. Si le traitement auquel j’ai droit est souvent comparable à celui d’une bête de somme, cet homme en particulier semblait irrité par ma présence.

Le sixième jour il s’est passé quelque chose. Le couple est parti au village après m’avoir enfermé dans la grange. Lorsque je les ai revus plus tard, l’homme avait été passé à tabac et la femme avait un air sombre et inquiet. On ne m’a rien expliqué évidemment, mais là j’ai compris que si ces barbares se permettaient d’aller piller et saccager en terre étrangère, ils se permettaient également d’utiliser la violence entre eux.

Les jours qui suivirent avaient une certaine lourdeur, mais je reprenais des forces rapidement. Quelque chose assombrissait l’humeur de mes ravisseurs et faute de savoir quoi je restais sur mes gardes. Le huitième jour ce fut dimanche, tout comme le jour de mon arrivée. Évidemment, ces païens ne se reposent pas le jour du Seigneur et ils ne vont pas à la messe. Je n’ai pas eu d’autres choix que de faire pareil.

Le douzième jour, j’ai été réveillé lorsqu’ils sont venus prendre une des chèvres dans la grange. Ils l’ont amené au milieu de la cour où ils ont récité solennellement ce que je suppose être des prières à leurs idoles païennes ou, Dieu m’en protège, à Satan lui-même. Puis ils ont égorgé le pauvre animal et ont recueilli son sang dans un bol pour en faire je ne sais quoi. Un peu plus tard, ils sont venus me nourrir, mais leur esprit était ailleurs. C’est peut-être parce qu’ils étaient préoccupés qu’ils n’ont pas attaché mes mains aussi serrées qu’à l’habitude.

Anxieusement, je les ai regardés quitter la ferme à travers un trou dans les planches mal ajustées du mur. Ils partaient tous, emmenant même avec eux les enfants. Quelque chose se tramait et je n’étais pas sûr de vouloir rester pour voir ce qu’il en serait.

J’ai attendu assez longtemps pour être sûr qu’ils ne reviendraient pas, puis je me suis tortillé hors de mes liens. La corde était solide et je me suis écorché les mains presqu’au sang avant de réussir à me libérer. Après, il me fallut grimper et me faufiler tant bien que mal à travers le toi de paille, dans lequel j’ai fait un trou. Lorsque je me suis laissé tomber essoufflé à l’extérieur du mur de la grange, j’étais sous le choc.

J’étais libre comme l’air. Libre. C’était relatif évidemment. Je me souvenais de l’échec cuisant de ma première tentative d’évasion et encore plus de la hache qui s’était plantée sans aucune pitié dans la nuque du fuyard. Sans perdre de temps, je me suis rué dans la ferme. Je connaissais un peu les lieux. J’ai piqué une miche de pain, de la viande séchée et une gourde qui à l’odeur devait être remplie de bière. Je les ai fourrés dans un sac en toile que j’ai lui-même accroché sur mon dos. J’ai également pris un couteau de cuisine, le plus grand que j’ai trouvé, que j’ai accroché à ma ceinture. Je ne voulais pas prendre avec moi d’armes plus encombrante de peur de me ralentir et de faciliter ma recapture.

J’ai pris le chemin des bois en marchant à pas de loup et en tendant l’oreille, attentif au moindre signe de vie humaine. J’ai avancé jusqu'à ce que la pénombre tombe et même encore après, me reposant peu afin d’utiliser au maximum le temps que j’avais avant que l’on s’aperçoive de ma disparition. J’évitais tous le signe de vie humaine, me dirigeant comme je pouvais vers le cœur de la forêt. Je prenais soin de marcher sur du sol sec pour ne pas que l’empreinte de mes pas soit trop visible. Alors que le soleil commençait à baisser, j’ai trouvé un ruisseau serpentant entre les arbres. J’y suis entré, mouillant mes chaussures et le bas de mes pantalons, et j’ai remonté son lit. C’était plus fatiguant et bruyant que de marcher sur la terre ferme, mais j’étais convaincu d’être éloigné de toutes les fermes et cela me permettrait de leur faire perdre mes traces s’ils se rendaient jusqu’à là.
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Dernière édition par Aelfstan Mylnere le Jeu 7 Juin - 4:35, édité 1 fois
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DENGR
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Jeu 7 Juin - 3:44

Filer à l'anglaise
  • Age : 28 ans
  • Profession : Chasseur et Guerrier
  • Statut : Célibataire
  • Royaume : Sjaelland


Le combat de Tyldr avait eu lieu, un cadavre est entendu sur le sol mais ce n’est pas celui de mon frère mais bien celui de l’homme qui est maintenant l’ancien Jarl de Skäne, Holgern. Le nouveau Jarl est complétement exténué en plus d’être blessé. Après l’avoir entrainé dans sa nouvelle demeure je le laisse seul avec sa femme et ses enfants qui se sont tant inquiétés pour lui, il a besoin de repos et de tranquillités et je ne peux rien pour lui en cet instant.
Nous sortons donc du nouveau logis de Tyldr avec Astrid, nous voulons les laisser tranquilles et fêter nous aussi la victoire de son frère à notre manière. Je la soulève de terre pour la prendre dans mes bras, l’embrasse tendrement et nous nous dirigeons vers la ferme, heureux et soulagés.

Arrivé à la ferme j’entraine Astrid à l’intérieur, nous sommes rarement seuls et nous voulons pour une fois profiter du calme et de la solitude pour nous aimer convenablement. Malheureusement une fois entrée, Astrid qui connait cette maison comme personnes remarque un désordre qui n’est pas habituel, plusieurs assiettes et cornes se trouvent sur le sol, le garde mangé est sans dessus dessous comme si un voleur c’était introduit dans la demeure. Je la vois alors se précipiter vers l’extérieur pour revenir en hâte.

" L’étranger ! L’étranger c’est enfui ! Il n’est plus dans la grange. "


Ce chien s’est encore fait la malle, mais qu’elle plaie par les Dieux ! Et Tyldr qui est incapable de faire quoi que ce soit dans son état, ça va être à moi d’aller le chercher ce vaurien.

" Je suis navré Astrid mais on va devoir remettre ça à plus tard, je dois récupérer ce chien d’esclave qui appartient à ton frère. Crois moi j’en suis plus que désolé "

Ni une, ni deux me voilà avec mon arc dans le dos, mon carquois à ma hanche et ma hache à la ceinture. Je suis prêt pour ma traque. Je demande à Astrid de me dresser l’inventaire de ce qui a disparu.

{Astrid ne se rend pas compte de la disparition du couteau [0-50]
Astrid s’aperçoit de la disparition du couteau [51-100]
Résultat : 42}


Selon elle seulement quelques provisions alimentaires se sont envolées avec notre fugitif, il est donc peu probable qu’il soit armé mais je vais tout de même rester sur mes gardes. Après un au revoir difficile à ma promise je bondis hors de la ferme comme une meute de loups à la poursuite d’un cerf lors d’un hiver pénible.

{Facilité à suivre les traces du fuyard
[0-33] : simple, je parviens très rapidement jusqu'au ruisseau
[34-66] : moyennement dur, j'arrive jusqu'au ruisseau mais non sans mal ce qui donne de l'avance au meunier
[67-100] : difficile, je le suis jusque loin dans le bois mais m’arrête avant le ruisseau en perdant sa trace
résultat: 94}


Je distingue assez aisément ses traces à la sortie de la grange et celles-ci m’indiquent la direction de la forêt. Ce fou est partie dans un bois qu’il ne connait guère, remplit de bêtes sauvages et qui plus est, est mon terrain de chasse. Je m’élance à sa poursuite en suivant ses traces, la forêt ne transpire pas un bruit, les alentours sont calmes, il doit avoir pris de l’avance sur moi. Je redouble d’effort et accélère ma course pour tenter de rapetisser l’écart entre nous mais aux bouts de quelques heures je perds la trace de l’esclave, j’ai beau chercher dans toutes les directions de nouvelles traces je n’en trouve guère, je sais vaguement dans qu’elle direction il a dû partir mais au-delà de ça je ne possède aucuns indices. Je décide donc de faire appel à mon compagnon de chasse de toujours, peut-être qu’il aura plus de chance que moi et qu’il retrouvera le chrétien même si cet espoir est mince car il peut m’envoyer vers une toute autre direction en m’emmenant traquer un autre gibier.

{Le corbeau découvre le chrétien
[0-20]: il m'indique la bonne direction
[21-80]: il revient bredouille
[80-100]: il m'indique la direction opposée en me faisant traquer un autre gibier
résultat: 36}


Après plusieurs dizaines de minutes mon fidèle allié vient se poser sur mon épaule. C’est le signe qu’il n’a rien trouvé dans les environs. Dommage ! Une caresse sur la tête et un morceau de viande séché plus tard me voilà reparti dans la direction approximative des empreintes. C’est une belle nuit qui s’annonce, je sais que je ne pourrai continuer ma traque dans la pénombre. Effectivement quelques heures plus tard il est temps pour moi de dresser un campement de fortune pour y passer la nuit en espérant retrouver plus de traces le lendemain qui me guiderons vers le fugitif.

La nuit est claire et fraiche, la clarté de la Lune éclaire quelque peu les environs et donne à la forêt cet aspect magique que j’aime tant, les ombres des arbres dû à mon feu danse et m’offre un spectacle splendide. Je repense à ma journée, à mon frère qui est maintenant Jarl et qui souffre dans son lit, à ma future femme qui se retrouve seule en cette soirée, j’espère qu’elle est partie rejoindre sa famille et qu’elle ne m’attend pas. Le sommeil vient m’emporter en même temps que cette question apparait dans mon esprit, que va bien pouvoir me réserver la journée de demain ?

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Dernière édition par Skeggí Stigand le Jeu 7 Juin - 16:47, édité 1 fois
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LOEKNIR
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Jeu 7 Juin - 15:44

Filer à l'anglaise
Aelfstan & Skeggí & Ezra
I remember running to the sea, the burning houses and the trees. I remember running to the sea alone and blinded by the fear.

Remember falling to my knees.

Les jours commençaient à se faire longs. Elle avait perdu le compte des semaines et des mois, ne savait plus si elle était là depuis un an ou deux, peut-être plus. La solitude se faisait de plus en plus grande, de plus en plus pesante, au point où Ezra s'était même mise à parler aux bestioles qui passaient près de chez elle. Seul bon point positif : malgré tout le temps passé dans ces bois froids et hostiles, elle n'avait pas croisé un seul ours. Peut-être n'y en avait-il pas ? Des écureuils, des serpents, des araignées, des lapins, des élans, mais pas d'ours. Elle était chanceuse et espérait bien le rester assez longtemps pour vivre. Toujours est-il que si sa maison -si on pouvait appeler ce tas de bois précaire une maison- était toujours aussi piteux, elle avait réussi à rapporter plusieurs objets plus ou moins utiles, dont la plus précieuse : une marmite. Outre le fait qu'elle pouvait manger autre chose que des trucs grillés, elle pouvait également faire des préparations médicinales plus poussées et en tirer d'avantage lorsqu'elle prenait le courage d'aller les commercer sur les routes. Et qu'elle ne se les faisait pas voler, accessoirement. Elle avait fait une bonne quantité et la majorité reposait dehors, là où le soleil filtrait à travers le feuillage. Il y avait également des fleurs et des racines qui séchaient sur des pierres sèches, permettant à Ezra de renouveler régulièrement ses stocks. A défaut d'être très utile, ça passait le temps. Entre ses préparations, la recherche de nourriture et parfois un peu de chasse -pas toujours très fructueuse, il faut bien l'avouer-, Ezra n'avait pas le temps de s'ennuyer dans la journée. Le pire, c'était la nuit.

Le hurlement ne désemplissait pas. L'odeur de viande brûlée n'épargnait personne, en dégoûtant certains, donnant faim à d'autres, et Ezra était là, plantée parmi la foule sans rien pouvoir faire. Puis progressivement la foule disparaissait, alors que l'horrible spectacle n'était pas terminée. Il n'y avait plus qu'elle, la forme pure de douleur qui continuait de hurler en face d'elle, et ce démon qui souriait non loin du bûcher. Le prêtre était on ne peut plus terrifiant que dans la réalité. Ses dents étaient aiguisées comme celles d'un loup, il avait des espèces de cornes sur le front, un regard au rouge sanglant dans lequel elle se perdait. C'était généralement à ce moment que le rêve prenait une autre tournure. Tout était calme, tout était vide, mais elle était à la place de sa mère, incapable de faire le moindre mouvement au milieu des flammes. Mais la seule chose qu'elle fixait, c'était lui. La seule chose qu'elle ressentait, c'était le désespoir. Il était maintenant si proche d'elle, le sourire carnassier, ouvrait la bouche et plantait ses dents dans son visage... Et paf, elle ouvrait les yeux. Jamais elle n'avait enduré un froid pareil avant d'arriver dans ce foutu pays, et pourtant à chaque fois qu'elle se réveillait de ce cauchemar, c'était en nage et avec l'impression de cuir. Elle avait abandonné la religion depuis cet instant tragique, mais et si elle se trompait ? Et si jamais Dieu, ou même le Malin, la prévenaient qu'elle était sur la mauvaise route ? Qu'elle allait finir en Enfer ? A quel moment était-elle supposée regretter ce qu'elle avait fait ?

Repoussant la couverture en peau qui la protégeait de la basse température matinale, Ezra se leva de sa paillasse. Elle sortit de sa petite maison branlante, ayant besoin de prendre l'air. Elle avait l'impression d'étouffer là dedans, et ceci durait jusqu'à ce qu'elle sorte de sa transe. Elle alla directement au petit ruisseau, s'y laissa tomber à genoux et s’aspergea de l'eau gelée qui serpentait. aussitôt, un long frisson la parcourut entièrement et elle sentit le vent s'emparer de ses membres. Elle retourna à l'intérieur pour enfiler une peau de bête sur ses épaules puis ressortit pour observer le ciel à travers les branches des arbres. Le soleil se levait tout doucement, peignant le ciel d'une lumière orangée qui allait bientôt disparaître. Ce n'était plus grand chose lorsque l'on était habitué, mais ça offrait à Ezra un moyen efficace de se débarrasser des dernières images de son cauchemar. Elle posa ensuite les yeux sur les plantes séchées posées sur les cailloux, jusqu'à remarquer que l'un des tas avait été chamboulé. "Saletés d'écureuils..." Elle s'accroupit près de la pierre pour ramasser ce qui restait de ses plantes et les réajusta, avant que son oeil ne soit attirée par un mouvement anormal. Elle releva la tête et c'est ensuite son ouïe qui l'alerta.

Elle aurait pu se dire "encore ?!" si le dernier visiteur à être passé ici n'avait pas daté d'un millénaire. Elle se redressa et son premier réflexe fut d'aller chercher son arc à l'intérieur. Ce qui venait était en train de remonter le ruisseau et si c'était un danger, elle n'avait pas envie de réaliser qu'il était trop tard. Elle encocha une flèche mais la garda baissée vers le sol, plissant un peu les yeux pour essayer de mieux voir ce qui se dessinait à travers les arbres. Mais quand enfin le mystère se leva, ce fut pour dévoiler un homme, habillé sommairement et visiblement désarmé, l'air fatiguée aussi. Rien à voir avec le guerrier qu'elle avait rencontré une année auparavant. Ses yeux clairs passèrent sur lui avec suspicions, sans qu'elle ne bouge de là où elle était. Elle chercha ses mots un instant dans la langue commune, avant de se lancer avec toujours ce fort accent anglais qu'elle n'arrivait -à juste titre- pas à faire partir. "Il n'y a rien là-haut. Tu vas tomber sur... Un trou." Une falaise en fait, plus exactement. Une fois là haut, ça devenait difficile de sauter et il n'avait clairement pas l'air en train de faire une cueillette de champignons.

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Dernière édition par Ezra Meadowes le Dim 10 Juin - 17:51, édité 1 fois
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THRAELLAR
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Sam 9 Juin - 19:34

Filer à l’anglaise
feat Ezra Skeggi et Aelfstan

J’ai marché toute la nuit ou presque. Lorsque j’étais trop épuisé, je m’allongeais directement sur le sol de la forêt pour me réveiller en sursaut seulement après quelques instants, habités par l’urgence de mettre le plus de distance possible entre moi et ces barbares maudits. Faute d’avoir une destination, je continuais de suivre le ruisseau que j’avais trouvé, m’assurant ainsi d’avoir une source d’eau potable.

J’avançais le plus souvent les deux pieds dans l’eau pour masquer mes traces. C’était seulement lorsque le lit rocailleux du ruisseau menaçait de me tordre une cheville ou que transi de froid je grelottais à me déboîter les os que je consentais à suivre la rive en marchant dans l’herbe.

La nuit avait maintenant laissé place au jour et je progressais à côté du ruisseau profitant des quelques rayons de soleil qui filtraient entre les arbres pour me réchauffer. Depuis que j’avais quitté la ferme, je n’avais vu aucun signe que j’étais suivi. Si j’arrêtais et je tendais l’oreille, je n’entendais que le doux bruissement des feuilles dans le vent. Tranquillement, je commençais à me détendre, à croire que j’avais peut-être réussi, même si je n’étais pas encore sorti du bois au sens propre comme au figuré.

Dans mon nouvel espoir, je retrouvais même l’appétit, entamant en avançant une partie de la viande séchée que j’avais apportée avec moi. C’est peut-être en raison de mon nouvel optimisme que j’ai baissé ma garde. Quand je l’ai vu, il était déjà trop tard. Elle était sur la même rive que moi, une flèche était encochée à son arc. Elle ne m’avait pas encore en joue, mais je savais quand même que je n’aurais pas le temps de m’enfuir avant qu’elle ne tire.

Elle me parle dans la langue des barbares. Je crois. J’ai une difficulté folle à comprendre ce qu’elle me dit. Ce n’est pas ma propre langue, mais pourtant cela y ressemble un peu. Pour gagner du temps, je regarde autour, fais mine d’être un voyageur surpris, ce que je suis d’une certaine façon. À l’intérieur de ma tête, mes pensées filent à toute vitesse. Il ne faut surtout pas qu’elle sache que je suis un prisonnier en fuite, mais comment lui cacher?

Derrière elle, il y a une petite cabane en bois grossier et une clairière jonchée d’objets divers. Vie-t-elle vraiment ici au milieu de la forêt? Seule ou avec un homme? Je m’avance de quelques pas de plus, assez lentement pour ne pas la brusquer. Je mets mes mains bien en évidence, sans faire aucun geste pour me saisir du couteau accroché à mon flanc droit.

«Salut. Je… marche… seulement.»

Je me crispe déjà avant même d’avoir sa réaction. Mon accent est tellement grossier et mon vocabulaire tellement limité que je ne convaincrais même pas un enfant de deux ans que je parle leur langue. Et puis ma croix! Je me rappelle soudainement qu’elle pend par-dessus ma tunique. J’aurais dû la cacher.  
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LOEKNIR
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Lun 11 Juin - 19:09

Filer à l'anglaise
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Il suffit d'un regard pour en conclure une analyse sommaire. Ezra n'était pas experte en assassins et en guerriers féroces, mais ce gars là n'avait rien d'un monstre. Il restait un danger potentiel, surtout qu'elle n'avait pas loupé le couteau à sa ceinture, mais le temps qu'il esquisse le moindre geste suspect sa flèche lui traverserait déjà la poitrine. Elle ne fit donc aucun geste menaçant avec son arc, le simple fait que la flèche soit encochée était assez parlant. Mais ce qu'elle avait surtout remarqué, c'était cette petite croix autour de son cou. Elle ne s'était pas emballé sur le coup, parce que n'importe quel nordique aurait pu piller un endroit ou une personne et récupérer cette fameuse croix, mais là elle n'en voyait vraiment pas l'intérêt. La couleur caractéristique de l'or n'était pas présente sur le bijou, un détail minime mais qui avait son importance. La croix n'avait aucune valeur si ce n'était ce qu'elle représentait. « Salut. Je… marche… seulement. » Le scepticisme d'Ezra se dessina sur son visage comme le soleil en plein jour. Dans quelle langue venait-il de parler ? Ca ressemblait vaguement à la langue du pays mais avec un accent... doux ? Enfin, ça sonnait doux aux oreilles d'Ezra. Les consonnes étaient aspirées, la langue de l'inconnu était ressortie quelques fois entre ses dents. C'était un étranger, ça elle n'avait pas eu besoin d'y réfléchir pour le comprendre, mais d'où ? Elle n'avait pas énormément de choix de tout façon. Français ou anglais, elle ne voyait pas d'autre alternative.

Les yeux sombres d'Ezra passèrent sur les jambes de l'inconnu, constatant une nouvelle fois qu'il avait les pieds trempés. Si elle avait pu croire à la promenade pendant une seconde, ce n'était plus le cas. Le village le plus proche -Skäne- était à quatre heures de marche d'ici -sans suivre le ruisseau, sinon ça prolongeait la route- et le soleil venait à peine de se lever. Quel genre de personne complètement timbrée prendrait plaisir à "seulement marcher" dans un ruisseau glacé alors que le jour se pointait à peine ? Il avait l'air épuisé, il semblait inquiet aussi, effrayé peut-être ? Par elle ou par quelqu'un d'autre. Quelles étaient les chances pour qu'elle croise un autre anglo-saxon ici ? Elle ne pourrait pas le savoir si elle ne se lançait pas. "Tu n'es pas un nordique, je me trompe ?" demanda-t-elle en anglais. Et bon sang, que ça faisait du bien de parler dans sa langue à quelqu'un. Elle ne savait pas encore s'il la comprenait, mais c'était toujours mieux que de s'adresser aux araignées et aux écureuils. Lentement, et parce qu'elle n'avait pas envie de voir l'inconnu prendre peur, elle retira sa flèche et posa son arc contre sa petite maison. Symboliquement, elle n'était plus armée. Dans la pratique, il n'aurait normalement toujours pas le temps d'éviter une flèche si il se décidait à lui sauter dessus. "Le ruisseau ne te mènera nulle part, il sort d'une brèche creusée dans la montagne. Tu vas être coincé si tu continues par là." Puis finalement elle s'écarta légèrement de son arc. "Si tu me dis où tu vas, je pourrai peut-être t'aider." Peut-être. Parce qu'elle ne connaissait rien de ce pays, à part ces bois dans lesquels elle vivait depuis presque deux ans maintenant.

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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Mer 13 Juin - 5:21

Filer à l’anglaise
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Je parle et l’expression de son visage change. Avant même qu’elle ait amorcé un geste, je suis déjà prêt à me jeter dans le lit du ruisseau en contrebas pour éviter une flèche, mais contre toute attente, elle ne lève pas son arc. Elle se contente de me détailler une nouvelle fois des pieds à la tête et lorsqu’elle ouvre la bouche, mes jambes manquent de céder sous moi. Je suis à la fois si soulagé et si incrédule, comme si un miracle venait de se produire devant moi. Je m’empresse de lui répondre dans la même langue, bafouillant un peu dans ma surprise.

«Non… Je ne fais pas partie des hommes du nord. Je viens d’Est-Anglie. Et toi? Tu n’es pas de leur peuple non plus?»

Visiblement rassurée par le fait qu’elle et moi venons de la même terre, elle relâche la tension de son arc et le dépose contre l’habitation sommaire que j’avais déjà aperçue derrière elle. Elle bouge lentement, soucieuse de ne pas me faire sursauter. Personnellement, je n’ose pas faire un geste malgré ce signe de paix. Je reste immobile et tendu, estomaqué par ce hasard étrange. Malgré les mille questions qui me traversent l’esprit, j’attends qu’elle reprenne la parole.

«Le ruisseau ne te mènera nulle part, il sort d'une brèche creusée dans la montagne. Tu vas être coincé si tu continues par là. Si tu me dis où tu vas, je pourrai peut-être t'aider.»

J’hésite quelques instants. Je pèse les risques. Je ne sais pas si je devrais lui faire confiance. Je ne connais rien de cette femme sinon qu’elle parle la même langue que moi et qu’elle vit dans les bois comme une hermite. Peut-être qu’elle aussi est une prisonnière évadée, mais peut-être aussi qu’elle s’est alliée à eux.

Au final, je décide de faire le grand saut et de tout lui déballer mon histoire. De toute façon, dans mon état il n’y a probablement rien que je pourrais lui raconter qui la convaincra que je ne suis pas un évadé et puis si elle voulait me capturer pour me rendre aux païens elle n’aurait pas baissé son arme. Je me dis que peut-être que sa propre histoire ressemble à la mienne, que nous pourrions nous allier l’un à l’autre. Et je ne peux m’empêcher de penser qu’elle est peut-être un signe du destin, que par elle arrivera l’aide pour laquelle j’ai tant prié Dieu.

«Je ne vais nulle part en particulier. Je m’éloigne. Je veux rentrer chez moi. Ce sont les barbares. Ils m’ont fait prisonnier après avoir mis à feu et à sang le village où j’étais. Ils m’ont amené ici avec eux. On a traversé la mer. On était plusieurs. Je crois que les barbares ont vendu les autres comme esclaves, mais moi ils m’ont gardé. Cela fait des jours que je suis attaché et qu’ils me surveillent. Je me suis enfui, mais je pense qu’ils voudront me retrouver.»

J’ai conscience que mon récit est un peu décousu, mais j’ai de la difficulté à ordonner mes pensées. J’ai perdu l’habitude de parler à quelqu’un d’autre et je ne veux pas m’éterniser dans mes explications. Je m’exprime rapidement, ma nervosité étant palpable dans ma voix. Comme je dis tout haut que les barbares sont peut-être à ma recherche, je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil en arrière. La forêt est toujours aussi calme, mais au fond de moi je sais que c’est un risque de m’arrêter maintenant. Je devrais continuer, aller plus loin, à encore deux ou trois jours de marche d’ici. Peut-être que là je me sentirais assez en sécurité pour me reposer et essayer de gagner des forces.

La seule chose qui me retient est cette mystérieuse inconnue qui parle la même langue que moi. J’ai l’espoir un peu vain qu’elle saura m’en dire plus sur cette terre inhospitalière, comment y survivre et surtout comment retourner d’où je viens même si elle est probablement aussi mal prise que moi.
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LOEKNIR
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Mer 13 Juin - 23:23

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Remember falling to my knees.

S'il avait pu subsister des doutes malgré la petit croix que le jeune homme portait autour du coup, ils venaient de s'envoler après ses quelques mots. Il parlait anglais, avec un accent et une grammaire qui ne venaient pas de la noblesse, mais qui étaient clairement maternels. « Non… Je ne fais pas partie des hommes du nord. Je viens d’Est-Anglie. Et toi? Tu n’es pas de leur peuple non plus? » Ezra secoua légèrement la tête de gauche à droite. "Je viens d'Alnwick, une petite ville marchande de Northumbrie." Au moins venaient-ils du même pays, même s'ils n'avaient pas le même Roi. Le fait qu'il vienne d'Albion rassure forcément Ezra, mais elle n'en reste pas moins méfiante. Le fait qu'ils puissent communiquer ne veut pas dire qu'il n'est pas capable de tirer sa lame pour la lui planter. Alors quand enfin vint l'heure des explications, elle apprécia qu'il lui dise la vérité. Ou tout du moins, ce qui semblait l'être.

« Je ne vais nulle part [...] qu’ils voudront me retrouver. » Sérieusement ? Un esclave en fuite, et il avait fallu qu'il vienne se planquer ici? Ezra sembla soudainement déçue, pas agacée, parce qu'il n'y pouvait rien après tout, mais elle se surprenait à espérer qu'il ne soit jamais passé par là. Déjà parce que jusqu'ici personne n'était tombé sur sa petite cachette -à part Skeggi mais il avait tenu sa promesse et n'était jamais revenu, ou n'avait jamais dévoilé son emplacement- et ensuite parce qu'elle ne pouvait définitivement pas abandonner un homme à son sort. Elle ne savait que trop bien à quel point les nordiques étaient cruels et sanguinaires et elle osait à peine imaginer la sanction que lui réserverait celui qui s'était autoproclamé son "maître" s'il réussissait à lui remettre la main dessus. Mais si jamais elle se décidait à l'aider et qu'une troupe de guerriers se pointaient ici, ils étaient morts tous les deux. Et puis après tout, en quoi était-elle responsable de cet inconnu ? Personne n'était venu l'aider lorsqu'on avait anéanti sa famille, pourquoi devrait-elle se mettre en danger ?

Un soupira s'échappa des lèvres de la jeune femme qui frotta son visage de ses deux mains. Elle ne pouvait pas. C'était plus fort qu'elle. L'envoyer tout droit dans la gueule du loup en sachant qu'elle serait responsable de sa souffrance si son geôlier le rattrapait, c'était au dessus de ses moyens. Le fait qu'ils parlent la même langue et viennent du même pays n'avait rien à voir là dedans, elle était juste incapable d'accepter l'injustice lorsqu'elle se présentait à elle. Elle en avait trop pâti pour la laisser passer. "Si tu continues sur cette route tu vas finir sur un cul-de-sac. Et si tu traverses la forêt à l'aveugle ils vont forcément te tomber dessus, ce sont leurs bois..." Elle écarta légèrement les bras pour les laisser retomber avec dépit. "Je ne veux pas être pessimiste mais tu es coincé." Surtout que pour quitter ce pays, il lui fallait au moins un bateau. "Je... Quel est ton nom ?" En soi, sa réponse ne changerait rien. Mais ça l'humanisait un peu plus, ça rappelait à Ezra pourquoi elle décidait de prendre des risques pour lui. "Tu viens du village de Skäne ? Le petit village à quatre heures d'ici ? Ca fait longtemps qu'ils te gardent captifs... ?" Ce village, elle ne s'en était jamais approché, même pour commercer. Qui sait ce sur quoi elle pouvait tomber ? "On va faire en sorte qu'ils ne te récupèrent pas. Si ils ratissent les bois... Ils finiront par passer par là. Tu peux te cacher ici si tu veux, je parle leur langue, je peux les envoyer sur une fausse piste. Tu n'auras qu'à repartir lorsqu'ils seront loin. Mais sans navire tu n'iras pas bien loin, tu sais ?" C'était à prendre ou à laisser, mais elle ne pouvait pas faire mieux.

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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Sam 16 Juin - 8:43

Filer à l’anglaise
feat Ezra Skeggi et Aelfstan

Sa réaction au récit de mes malheurs ne me dit rien qui vaille. J’ai peut-être fait une erreur en jouant la carte de l’honnêteté. J’ai été imprudent. Elle soupire et se passe les mains dans le visage avec un air découragé. Instinctivement je fais un pas de reculons, préparant déjà ma fuite. Je suis sur le point de lui dire d’oublier qu’elle m’a vu, que je vais continuer ma route et que je suis prêt à lui donner une partie de mes provisions pour acheter son silence lorsqu’elle me devance.

«Si tu continues sur cette route, tu vas finir sur un cul-de-sac... Je ne veux pas être pessimiste, mais tu es coincé.» Je ne réponds rien.  Qu’est-ce qu’il y a à rajouter? Son défaitisme reflète le mien. Je suis sur cette terre inconnue remplie de barbare, je suis sans ressource et j’ai une mer à traverser. Est-ce que j’avais honnêtement cru à ma réussite? Mon but ultime était surtout d’éviter la destinée qu’on me réservait, une courte vie pleine d’humiliation à travailler aux champs comme une vulgaire bête de somme. Si mourir dans ces bois était mon seul autre choix et bien qu’il en soit ainsi.  Plutôt que de céder au désespoir devant le constat sombre que la jeune femme trace pour moi, je relève la tête et je me redresse. Je le prends comme un défi. Je reste fier et prêt à continuer malgré la fatigue et les épreuves. Je suis un homme libre quoiqu’en pensent les païens.

«Quel est ton nom ?» La question me prend un peu par surprise, vu à quel point l’étrangère semble impatiente d’être débarrassée de ma présence. «Je m’appelle Aelfstan, Aelfstan le Meunier». J’esquisse un geste pour lui serrer la main, mais comme je ne peux l’approcher sans risquer de l’effaroucher je laisse retomber mon bras le long de mon corps. À elle, je ne lui ai pas menti. Elle n’aurait jamais cru que je m’appelle seulement Meunier. D’une certaine manière, cela me soulage. Si je suis voué à quitter ce monde bientôt, il y aura au moins une personne dans ce pays qui aura su mon nom, qui m’aura vu même brièvement pour qui j’étais réellement.

«Et tu t’appelles comment?» Je lui renvoie la politesse, curieux de voir où cet échange va nous mener. Si initialement j’ai cru qu’elle me chasserait sans aucune pitié, elle semble maintenant intéressée à converser. La jeune femme m’intrigue. Son existence dans ces bois me semble si improbable que j’y crois à peine. Avec ses cheveux étranges et son accent raffiné, elle pourrait aussi bien être sortie tout droit de mon imagination. Elle me pose plusieurs questions sur ma mésaventure avec les barbares. «Skäne…» Je prononce ce mot étranger avec un air pensif. «Oui. Je crois bien que c’est de là que j’arrive, ou proche de là du moins.» Le nom m’est familier. Je suis sûr d’avoir entendu les barbares en parler. Je suis par contre un peu dépité d’apprendre que ça se situe à seulement quatre heures de marche d’ici. J’ai dû faire un détour sans m’en rendre compte. Ou alors c’est de marcher dans le ruisseau qui m’a ralenti plus que je ne croyais. «Cela fait peut-être un mois que j’ai quitté l’Est-Anglie, mais je suis sur cette terre depuis seulement une douzaine de jour. Nous avons voyagé en mer longtemps.»

«On va faire en sorte qu'ils ne te récupèrent pas. (…) Mais sans navire tu n'iras pas bien loin, tu sais ?» Il faut un instant à ses mots pour pénétrer jusqu’à mon esprit et lorsque je comprends enfin ce qu’elle me dit je suis incrédule. Il s’en faudrait de peu que je me jette à genoux devant elle en signe de ma gratitude. C’est mon souci de ne pas la brusquer qui me retient. Et l’orgueil aussi un peu, je dois l’avouer. Mes geôliers m’ont fait passer tant de temps agenouillé ou courbé sous le travail que me tenir droit est devenu pour moi un symbole de résistance. «Tu es sûre que tu veux prendre ce risque pour moi? Vraiment? Je ne veux pas te l’imposer. Je n’ai rien à te donner en retour mis à part quelques provisions que j’ai amenées avec moi. Je pourrais continuer ma route si tu préfères. Chacun on oublierait que l’on s’est rencontré. Je me débrouillerai.» J'hésite à accepter d'emblée son aide. Les barbares sont sanguinaires et capables de toutes les violences. Est-ce que je veux vraiment coincer cette frêle femme entre eux et moi?

Si je ne pense qu'à moi, sa proposition est terriblement tentante. J’ai tant marché et je suis en grand besoin de repos. Je n’ai pas encore récupéré toutes les forces que j’ai perdues lors de la traversée en mer. De plus, si je passais quelques jours ici elle pourrait me transmettre une partie de ce qu’elle a appris sur les barbares et la compagnie de quelqu’un qui me considère comme son égal me serait agréable. Son offre de m’aider pourrait être un piège, mais je ne veux pas le croire. Elle semble bien trop isolée pour être capable d’alerter mes poursuivants. Et vivrait-elle ainsi seule dans les bois si elle s’était alliée aux païens?
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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Dim 17 Juin - 20:56

Filer à l'anglaise
Aelfstan & Skeggí & Ezra
I remember running to the sea, the burning houses and the trees. I remember running to the sea alone and blinded by the fear.

Remember falling to my knees.

Aelfstan. Aelfstan le meunier. Au moins son accent était caractéristique. Pas que ça ait une quelconque importance, à ce moment même dans ce pays ils étaient tous les deux au même niveau : dans la merde. Mais ça allait permettre à Ezra de situer un peu ce à quoi elle avait à faire. Elle évitait généralement de faire des généralités, surtout en ayant si peu d'informations sur quelqu'un, mais ça permettait de tirer quelques conclusions salutaires. Cet homme n'était ni un noble ni un soldat, il y avait peu de chance qu'il ait déjà touché une épée de sa vie et s'il fuyait ça confirmait bien son incapacité à se battre. Et si Ezra n'avait pas passé près de deux ans dans ce foutu bois à devoir chasser pour se nourrir, elle aurait sans doute été au même niveau de défense que lui. Mais voilà, après des mois seule dans une forêt hostile et peu généreuse sur les denrées, elle avait eu tout le temps de s'entraîner à l'arc en chassant des bestioles dans les bois et aujourd'hui elle pensait pouvoir se défendre. Mais qu'en était-il de lui ? « Et tu t’appelles comment? » "Ezra. Meadowes." Rien de bien démarquant, son nom de "famille" était tiré de leur spécialité, tout comme l'était celui d'Aelfstan. Mais si son nom ne trahissait pas l'éducation d'Ezra, ses vêtements et sa façon de parler le faisaient à sa place.

« Skäne… [...] Oui. Je crois bien que c’est de là que j’arrive, ou proche de là du moins. » Skeggi. C'est la première chose qui sauta à l'esprit d'Ezra. Leur rencontre avait été brève mais tout aussi intense. Le guerrier s'était montré protecteur et doux avec elle, il lui avait donné un lapin alors qu'elle n'avait rien avalé de consistant depuis plusieurs jours, avait passé la nuit près d'elle aussi sans tenter de l'égorger ou de la violer. Et puis il était partit, après avoir promis qu'il trouverait une solution pour la faire venir en toute sécurité à Skäne. Il n'était jamais revenu. Il n'était jamais revenu et s'il avait tenu sa parole de ne jamais dévoiler sa cachette -ou tout du moins même s'il en avait parlé, personne n'était venu-, elle ne croyait plus en celle qui lui promettait la sécurité et l'intégration. Plus après tout ce temps. « [...] voyagé en mer longtemps. » Ezra n'entendit que ça de l'explication du jeune homme sur son arrivée ici. Elle feignit tout de même son attention d'un léger sourire compatissant. Pas qu'elle ne veuille pas l'écouter, mais soudainement elle faisait le lien entre cet homme qu'elle avait rencontré il y a un an de cela et les personnes potentielles qui pourraient se mettre à la poursuite de l'anglais. Et elle craignait vraiment que cette personne soit Skeggi. Elle n'en montra rien pourtant, l'heure n'était pas à la nostalgie mais à la réflexion.

« Tu es sûre que tu veux prendre ce risque pour moi? Vraiment? [...] » Ezra hocha la tête, lentement, comme si elle réalisait seulement que oui, elle était effectivement prête à prendre le risque pour cet inconnu. "J'ai déjà du mal à survivre lorsque j'en croise quelques uns... Alors j'imagine comme ta condition doit être difficile en tant qu'esclave dans un village tout entier. C'est hors de question que je laisse impunément quelqu'un se faire maltraiter sans rien faire." Elle avait beaucoup trop subi d'injustices pour la tolérer. Elle lui fit signe d'approcher, n'ayant pas l'intention de lui faire du mal. Peut-être que lui oui, peut-être qu'elle tombait dans un piège ridicule et qu'elle allait se faire massacrer dans la minute qui suivait, mais au moins elle mourrait l'esprit tranquille. "Si jamais on te trouve, tu dois pouvoir te défendre." Elle posa les yeux sur le couteau qu'il avait attaché à sa ceinture, puis les releva vers lui. "Tu sais te servir de ça ? Combien tu penses qu'ils se sont mis à ta poursuite ?" Son regard se promena sur le petit coin de vie qu'elle s'était aménagée. Sa cabane avait été un peu améliorée pour ne pas s'écrouler, en face il y avait le ruisseau, derrière il y avait un gros tas de branchages qui lui servait à faire du feu, et tout autour il y avait des arbres. Elle posa alors les yeux sur sa cabane et une idée lui vint à l'esprit. Cabane de forêt exige, le terrain était loin d'être lisse. Un sourire en coin s'installa sur son visage tandis qu'elle reposait les yeux sur le meunier. "Je sais où tu pourrais te cacher, mais il ne faut pas avoir peur de la boue." Elle approcha de sa petite maison et la contourna. A l'arrière, le terrain se perdait sous la maison comme s'il y avait un trou en dessous. Plus techniquement, ce n'était pas un trou, juste une petite pente dans laquelle un homme pourrait se glisser s'il restait recroquevillé. Mais ça avait été de nombreuses fois inondé et elle n'avait jamais trop regardé ce qu'il y avait là-dessous. "Je pense que tu pourrais tenir là-dedans, le problème c'est qu'on ne sait où sont tes poursuivants, ni même si ils se sont vraiment mis à ta poursuite. Si tu te caches dans ce trou mais qu'ils ne viennent jamais..." Elle ne termina pas sa phrase, mais clairement s'il se cachait là dedans et que personne n'arrivait, il aurait juste l'air bien con. En plus de prendre le risque de tomber malade ou de se faire piquer par un insecte dégueulasse non identifié.

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MessageSujet: Re: Filer à l'anglaise  Jeu 21 Juin - 20:17

Filer à l’anglaise
feat Ezra Skeggi et Aelfstan
Je lui demande si elle est vraiment sûre de vouloir m’aider et la voilà qui hoche la tête avec lenteur comme si elle méditait encore sur ses dernières hésitations. «J'ai déjà du mal à survivre lorsque j'en croise quelques-uns. (…) C'est hors de question que je laisse impunément quelqu'un se faire maltraiter sans rien faire.» Sa réponse me soulage. Je n’aurai pas à continuer ma marche aujourd’hui. Et si elle dit vrai, cela confirme ce que je pensais. Elle n’est pas alliée aux barbares même si je n’arrive toujours pas à comprendre ce qu’elle fait seule ici.

Au fur et à mesure qu’elle parle, elle semble se convaincre plus fermement de m’aider. Elle me fait signe d’approcher. Je jette un regard sur la forêt derrière moi, heureusement encore vide de tout signe de vie humaine, puis choisissant le moindre des dangers je m’avance vers la femme. Je peux enfin l’observer à ma guise. Ses vêtements sont usés, mais raffinés, étrangement incongrus en ce lieu isolé, et malgré ses cheveux prématurément gris son visage à l’apparence de la jeunesse. J’ai tant de questions et je n’en pose aucune, ne voulant pas pousser ma chance.

Je la vois lorgner le couteau à ma ceinture. «Si jamais on te trouve, tu dois pouvoir te défendre. Tu sais te servir de ça?» Je hausse légèrement les épaules. «Plus ou moins.» Je ne me suis jamais vraiment battu, mis à part pour des chamailleries d’enfants et les coyotes venant trop près des troupeaux que je repoussais à coup de bâton, mais il est maintenant trop tard pour remédier à la situation. Si j’en ai besoin, je n’aurai pas d’autre choix que d’apprendre sur le tas. «Combien tu penses qu'ils se sont mis à ta poursuite?» «Sur la ferme où j’étais, il y avait deux hommes, un guerrier blond qui est mon… maître» Je grimace un peu sur ce mot que j’évite habituellement. «et un autre qui est chasseur je crois. Il porte plein de marques étranges sur le visage. Les deux seront à ma poursuite j’en suis sûr. Je ne sais pas s’ils peuvent avoir rassemblé plus de gens.»

Elle observe le petit coin boisé où est installée sa maison et, suivant son regard, je fais de même. Son abri est, pour le moins que l’on puisse dire, rustique et les environs offrent peu d’espace pour se dissimuler. Si moi le paysage me décourage, la jeune femme semble avoir une inspiration soudaine. «Je sais où tu pourrais te cacher, mais il ne faut pas avoir peur de la boue.» Sans savoir ce qu’elle a en tête, je lui réponds du tac au tac. «Je n’ai pas peur de la boue.» C’est le moindre de mes soucis, considérant ce que j’ai à mes trousses et considérant que j’ai déjà passé des heures à patauger dans le ruisseau glacé.

Elle se met en marche et je la suis. Nous contournons sa cabane. Rendue de l’autre côté, elle me désigne un espace étroit et sombre sous la plateforme en bois qui soutient sa demeure. Je ne peux voir le fond d’ici et le trou était invisible depuis le côté avant. Ce sera un bon endroit. «Je pense que tu pourrais tenir là-dedans (…) Si tu te caches dans ce trou, mais qu'ils ne viennent jamais.» «Si Skäne est aussi proche que ce que tu as dit, j’attendrai deux ou trois jours et lorsqu’ils penseront que je suis loin je partirai.» Je pousse le sac que j’ai amené avec moi dans l’ouverture. Il n’y a plus le temps d’hésiter, nous avons déjà beaucoup parlé. «Je ne sais pas comment te remercier pour ce que tu fais pour moi. Tu as ma gratitude éternelle. Il faut que ce soit Dieu qui t’ait mise sur mon chemin. Je n’ai rien que je puisse t’offrir en échange, mais demande moi n’importe quoi et je le ferai sans discuter.»

Après avoir inspecté l’horizon une dernière fois pour un signe quelconque de mes poursuivants, je me glisse sous la maison. L’air est étouffant et humide, chargé de l’odeur de l’humus. La noirceur est presque totale. Le sol est froid. J’ai à peine assez d’espace pour ramper jusqu’au fond d’où on ne pourra me voir de l’extérieur. Je cale mon sac proche de moi et je me prépare en silence pour la longue attente.
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