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Anschaire le Moine

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THRAELLAR
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MessageSujet: Anschaire le Moine  Dim 6 Mai - 2:38




  Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison.




Anschaire le moine



Mon nom est Anschaire, je suis moine chrétien et je suis âgé de 28 ans. Je suis originaire de Francia mais vit actuellement en Svitjod. Je suis soumis au vœu de chasteté. Je suis un thraellar. J'arbore une croix sous mes vêtements.


Caractère


Anschaire est un chrétien. C’est ce qui résume sa vie et son existence : Depuis qu’il est enfant, il est au service de Dieu, de sa parole et de son message, et il devra mourir au service de Dieu. Il a prêté les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, et ainsi il devra terminer sa vie sans aucune descendance ni richesse à léguer, point final.

Mais la pieuse servilité n’est pas universelle et même parfois compliquée à imposer. Aussi, Anschaire est un moine, et cela s’exprime par certaines facettes de sa personnalité : Il est calme, patient, s’exprime bien. Il apprend vite, toujours passionné par le travail, et a surtout la grande qualité de ne pas s’ennuyer dans les tâches répétitives, qui emprisonnent vite la vie d’un moine. Il ne se plaint pas lorsqu’il doit travailler des heures durant dans le noir, le dos voûté, pour recopier d’anciens ouvrages ; Il a la passion des vieux livres. Il dispose de savoirs dans les langues, dans l’Histoire, les sciences, les herbes médicinales, tout un tas de choses bien utiles dans un monde où l’instruction est encore rare et limité.
Malheureusement, s’il est sans aucun doute un excellent religieux, il ne fait pas souvent montre de religiosité. Lorsqu’il est au contact du siècle et non plus enfermé dans la règle monastique, il lui arrive très vite d’errer et de s’éloigner des paroles saintes qu’il récite et philosophe sans aucun problème. Ainsi, il a déjà commis tous les péchés possibles au contact du monde, que ce soit la chair, l’alcool, la bonne viande ou le fait de pas se lever à 5h du matin pour les laudes.

Son caractère et son œuvre chrétienne ont surtout été façonnés auprès de l’évêque Absalon, un franc qui a beaucoup participé à la pacification des saxons. Absalon a prit Anschaire sous son épaule et lui a beaucoup appris, de Dieu, de la philosophie et du monde autour duquel il a voyagé, jusqu’à Constantinople. Malgré tout, Absalon l’a un peu encouragé dans son manque de pureté chrétienne, notamment en lui montrant la façon dont il se prenait pour imposer la foi : Faire appel aux chevaliers francs pour avoir recours à la force, trafiquer des ordalies pour faire croire à des miracles, démolir des autels ou des choses sacrées chez les païens pour mieux les terrifier. Absalon était un très mauvais chrétien, qui a sans doute imposé la chrétienté mieux que les bons.

Difficile de dire ce qu’a retenu Anschaire d’Absalon. En tout cas, depuis qu’il est prisonnier des nordiques, il s’est montré suffisamment intelligent pour ne pas faire de scandale. Il est pieux, pacifique, d’autant plus qu’il ne s’est jamais battu ou n’a tenu une arme de sa vie. Il tente autant qu’il peut d’apprendre la langue et les coutumes des nordiques, mais n’oublie jamais de prier le Christ comme il le peut.

Anecdotes

Né quatrième enfant d’une famille de petits seigneurs francs, Anschaire est dès son enfance destiné à rejoindre les ordres afin de ne pas gêner l’héritage familial. Il est envoyé à l’âge de sept ans dans une abbaye pour y apprendre la vie ecclésiastique.

Il grandit dans le froid des monastères, où il apprend à prier, travailler, et surtout à copier de très longs ouvrages à la lueur d’une bougie pour sauvegarder les savoirs du passé ; Pendant longtemps, ces vieux parchemins sont sa seule fenêtre vers le monde, quelque chose qui ne commence à le déranger qu’avec l’arrivée de l’adolescence et ses envies de voyage.

À l’âge de dix-huit ans, il devient le précepteur de la jeune fille d’un autre seigneur plus éloigné, une occasion qui lui est offerte par l’abbé. Malheureusement pour lui, le seigneur juge que le moine a fait du trop bon travail lorsque sa fille tombe enceinte, et ce sans intervention divine contrairement à Sainte Marie. Anschaire, qui est toujours bon ami avec son abbé, est donc envoyé à Noyon pour servir de scribe auprès d’un grand évêque franc.

Les événements des conquêtes de Charlemagne vont alors bouleverser sa vie ; Suivant monseigneur l’évêque en Saxe, il participe à la conversion forcée des saxons et la fondation d’un petit monastère de bois en Germanie conquise. Le monastère nécessitant des livres et du soutien, l’évêque fait de nombreux voyages en pays franc et en Italie conquise, jusqu’à Rome où Anschaire a l’honneur de résider un an pour pétitionner au nom de l’évêque à l’envoi d’ouvrages et de ressources pour le nouveau petit monastère de Saxe.

À l’âge de vingt-six ans, il est à présent envoyé en Angleterre, pour aider à nouveau un monastère à naître. Les raisons de ce départ subit ne sont pas claires, mais certains penseraient qu’il aurait été trop proche d’une villageoise saxonne, ce qui aurait amené des problèmes avec les locaux. Les bagages remplis de livres, Anschaire se dirige donc vers ce nouveau pays où il reprend ses copies sempiternelles qui redeviennent sa seule vision sur le monde.

Deux ans plus tard, il est capturé lors d’un raid sur les côtes anglaises par des vikings. Alors qu’il refuse de s’enfuir du petit monastère pour tenter de sauver la vieille relique du saint local, il est emprisonné et ramené en Svitjob. Il est offert par les vikings à leur Jarl, Siegfried Reginson.
Depuis maintenant quelques mois, le moine est gardé auprès de la domesticité du Jarl, où il tente d’apprendre leur langue pour leur transmettre le même message qu’il a aidé à transmettre aux saxons par le passé.



Je me suis retrouvée ici grâce aux topstites. Je suis âgé de 21 ans et je trouve vraiment que ce forum est envahi de fous. Mon avatar est George Blagden. J'offre en sacrifice le code du règlement qui est The future is open trust in the gods !


L'insensé se croise les mains, et mange sa propre chair.


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THRAELLAR
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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Dim 6 Mai - 16:30






Histoire





Saxe, Osnabrück, An de Grâce 791.

Le païen ne peut pas s’empêcher de se débattre. C’est une vision assez terrible, de voir la manière dont il tente désespéramment de sortir de ses chaînes de fer ; elles lui lient les poings et les bras dans le dos, en même temps que deux sergents ne cessent de le forcer à s’agenouiller de nouveau, à baisser la tête et les yeux. On dirait un lapin retourné dans un piège. Jusqu’à la fin, l’instinct de survie l’empêchera de se pacifier. Il ne cherche pas à faire la paix avec son âme et son esprit, même alors qu’il sent la fin inévitable, même s’il ne fait rien d’autre que de se fatiguer à donner une telle force à tenter d’échapper à ce qui est inévitable ; Il gémit, il panique, il tente de bouger dans tous les sens comme s’il arrivera, à un moment, à trouver la force de tordre le métal et briser les anneaux cloutés.
Le juge n’est pas qu’insensible à sa lutte. Il est amusé. Je le vois, très clairement, faire un petit sourire, alors qu’il récite en latin la sentence qui a été prononcée par la cour de justice il y a tout juste une heure.

« Berthoald, fils d’Abbi ; En vertu du capitulaire concernant les saxons, promulgué par le Roi des francs et des lombards Charles le Grand, tu as été jugé et condamné pour avoir livré aux flammes la dépouille de ta fille, d’avoir réduit ses os aux cendres, et ce selon le rite païen. Tu as refusé de reconnaître ce crime, mais après la réunion de preuves et de témoignages t’accablant, tu as finalement confessé tes fautes, sans présenter ni pardon, ni regret, ni supplier le pardon du Seigneur ; Au contraire, tu t’es enfoncé dans ta faute, en professant que la crémation de ta fille était le seul moyen de lui apporter la paix, et que tu ne reconnaîtras jamais le baptême et l’enterrement chrétien.
En cela le capitulaire nous demande de te condamner à mort. Que la volonté de Dieu soit faite en toutes choses. »

Il y a que moi, le prêtre et le novice pour comprendre ce qu’il vient de dire. Ni les guerriers francs, ni tous les villageois saxons n’ont pipé un seul mot de ce qui s’est prononcé. Mais le latin a cette force mystique. Le juge a parlé les mains en l’air, il a psalmodié d’un air grave, les yeux vers le ciel. Il l’a dit d’un ton grave, la voix rauque, tremblante. Il résonne, dans un écho, comme ci ses cordes vocales étaient le chœur d’une église.
Il a réussi à terrifier tout le monde.

Bien plus laconique, le comte aux côtés du juge grommelle quelque chose en tudesque, et fait un vif signe de son doigt sous sa gorge. Immédiatement, les sergents emportent le païen qui hurle dans sa langue ; Les villageois autour sont partagés. La plupart se murent dans le silence, catatoniques, se contentant d’observer pacifiquement la scène.
Il y a que la femme du païen pour crier et tenter de courir vers les sergents, tout juste retenue par son beau-frère et par un gamin du village. Elle crie. Mais lorsqu’elle voit que ni le juge, ni le comte, ni un seul des soldats rassemblés ne lui prête la moindre attention, la dévisageant même, elle se tourne vers quelqu’un d’autre dans l’assistance pour tenter de l’aider.

Elle se tourne vers moi.

Je suis pourtant éloigné d’elle. Dans le cercle formé tout autour de la bûche de bois, je me tiens près de la petite estrade improvisée de bois qui a été montée. Mais c’est mon nom qu’elle appelle. Je m’efforce de l’ignorer, les deux premières fois où elle dit mon prénom. Je le peux moins, quand dans sa langue, elle me dit, distinctement, « faites quelque chose ». Je suis obligé de la regarder, d’afficher une mine de contrition, jusqu’à ce qu’elle me foudroie du regard et remplace ses pleurs par des hurlement de rage à l’attention du juge perché sur son estrade.
Celui-ci ne fait que sourire encore plus. Même pas un sourire vicelard, pas celui du type qui prend du plaisir à ce qu’il fait. Un sourire qui transpire le rire et l’amusement. C’est ce qu’elle est pour lui, cette situation : ridicule. Il voit le païen comme un enfant qui fait un caprice, ni plus ni moins.
Je le sais, parce que je connais très bien le juge.

Le païen est mis à genoux. Son crâne est placé sur la bûche. L’un des sergents s’approche avec une petite francisque. Je ferme les yeux quand je vois le bourreau qui lève son arme, et immédiatement mes paupières se referment. Je prend une grande inspiration, et prie dans ma tête.

« Notre ami Lazare s'est endormi ; je vais aller le réveiller. » Sur quoi les disciples lui dirent : « Seigneur, s'il dort, il est en voie de guérison. » En fait, Jésus voulait dire que Lazare était mort, mais les disciples avaient compris qu'il parlait du sommeil ordinaire. Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort. Et je suis heureux, à cause de vous, de n'avoir pas été là-bas à ce moment-là. Car cela contribuera à votre foi. Mais maintenant, allons auprès de lui. » Thomas, surnommé le Jumeau, dit alors aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui. »

Juste à ma gauche, la voix du juge se fait entendre, parlant avec mon camarade, le novice Segmond.

« Vous veillerez à lui donner une sépulture bien chrétienne. Il a été baptisé, il est dans la communauté des croyants, et j’entends bien à ce que cela se sache.
– Oui monseigneur, répond le tout jeune moine Segmond avec son petit octave servile.
– Vous transmettrez bien au frère prieur de faire office au nom du condamné, pour son salut ; Berthoald, fils de Dieu. Pas besoin d’en faire trop non plus, mais c’est le minimum, ensuite le Ciel se chargera du reste.
– Bien sûr, monseigneur, répond-il à nouveau.
– Je ne pourrai pas venir moi-même au monastère, je suis occupé pour la journée et pour la nuit, mais que le prieur sache bien que mon retard ne m’empêchera pas d’être présent demain, vous lui transmettrez.
Frère Anschaire, vous m’accompagnez ? »

Je rouvre mes yeux. Sur la bûche de bois, il ne reste qu’une mare de sang et la francisque enracinée. La tête et le corps ont été emportés.
Et sa femme, on continue de l’entendre hurler, alors qu’elle est emmenée par ses proches au loin.

« Anschaire ? Bon sang, vous n’avez pas l’habitude d’être dans la lune.
– Pardon monseigneur.
– Vous pouvez m’accompagner ce soir ? Cela ne dérange pas le prieur quant à vos devoirs ?
– Le prieur m’a envoyé du monastère justement pour vous accueillir, je suis à votre disposition monseigneur.
– Excellent, ça nous fera gagner du temps. Frère Segmond, vous pouvez retourner à la communauté.
Un peu de nerf. »

Je me dépêche de m’éloigner. Je tourne mes talons et m’éloigne avec le juge qui remet bien son magnifique manteau blanc orné d’or, même si je le vois grimacer alors qu’il doit fouler la terre boueuse et collante à cause d’une pluie récente, salissant ainsi ses magnifiques bottes ouvragées de cuir.

« Pardon pour ce retard bien particulier, frère Anschaire. Tout juste j’arrive dans ce patelin pourri, que l’on me charge d’une telle affaire ! Enfin, heureusement qu’il a confessé, je n’avais pas trois jours à perdre avec un jugement.
– Certes monseigneur. »

Le juge ne l’est pas à temps plein ; La plupart du temps, monseigneur l’évêque Absalon est occupé à des tâches bien moins ingrates, dans des vieux palais romains ou francs, à bien manger et à bien boire dans un climat qui ne varie pas entre la pluie et le froid. Je comprend son passable énervement à devoir salir ses vêtements et user de sa voix pour des païens convertis, surtout lorsque ce problème est censé être délégué.
Mais ce n’est pas pour autant que je le partage. Moi j’ai ma bure et mes souliers. Et si lui ne fait que passer, je suis obligé de passer ma vie au milieu de ces saxons.

« Un châtiment tout de même sévère, monseigneur.
– Sévère, Anschaire ? Répond l’évêque sans même m’arrêter, ou me regarder, continuant de marcher quelques pas. Si seulement ce crétin s’était contenté de dire qu’il regrettait son acte, il aurait gardé sa tête, et sa femme son mari.
– Difficile de le convaincre, maintenant, je répond d’un ton amère en regardant derrière moi pour à nouveau observer la bûche ensanglantée.
– Oh, épargnez moi ce sentimentalisme à deux balles, Anschaire ! Vous êtes plus intelligent que ça ! Vous savez très bien quelle est la problématique de cette situation, je vous ai déjà parlé de Saint Boniface de Mayence, n’est-ce pas ? Si jamais on pardonne à un quelconque villageois de brûler le cadavre de sa fille malade en secret, on remet en question toute la légitimité de l’Église. Sa fille est avec Dieu bon sang, je ne tolérerai pas qu’on profane des dépouilles au nom de vieilles superstitions.
Cela fait des siècles qu’on essaye la manière douce, maintenant le bon Roi Charles a décidé d’employer la manière forte. Mais soit, tâchez de tenir votre langue, je suis très relâché sur vos paroles mais votre hôte va l’être beaucoup moins. Je vous présente ? »

Il n’a pas le temps de réellement savoir si je suis d’accord ou non. Les paroles qu’il a piaillé le temps de notre minuscule marche nous ont déjà amené vers celui qu’il veut me présenter. Il s’agit du comte que tous ces guerriers accompagnent. D’habitude, il n’y a ici pas une seule personne armée, juste des moines et des paysans saxons. L’arrivée subite de cuirasses de fer s’explique uniquement par la présence de ce balourd gigantesque. La simple main qu’il me tend me fait un peu sursauter. Il a deux têtes de plus que moi, il est gras des joues et du bide, couvert d’anneaux de sa cotte de maille, et une épée à son baudrier orné d’or.

« Il ne parle pas un mot de latin, mais le comte Hludovicus a mieux à faire qu’écouter vos états d’âme. »

Je lui fais mes présentations sincères, en courbant un peu l’échine. Il ne comprend rien, et après, il grommelle quelques mots sûrement sympathiques à mon intention en tudesque. On se regarde un peu bêtement, hagards. Je devine qu’il ne doit pas avoir beaucoup de respect pour les moines, et je le comprend, je n’en ai pas beaucoup pour les nobles non plus. Mais sur le moment, la vue de « Hludovicus » (Ou Louis, ou Ludwig, ça dépend à qui vous demandez) me sidère un petit instant.
C’est fou ce qu’il ressemble à mon père.

Mon père ne fait pas sa taille bien sûr, autrement j’aurais été mieux constitué. Il est bien fin, comme un chat, mais il est pareil dans son statut et son équipement ; Je l’ai souvent vu avec son épée et son armure de maille. Non pas que je l’aie souvent vu, j’ai peu de souvenirs de mon enfance qui ne soient pas liés au monastère dans lequel je suis depuis que je suis un enfant. L’abbé, le maître des novices, le prieur, le sacristain, l’infirmier… j’en ai des souvenirs bien plus vifs que ceux de ma propre famille de sang. Mais je sais que si le hasard avait été un peu différent, j’aurais probablement été à la place de ce grand guerrier, qui me toise avec sa fierté de guerrier, celle du soldat qui pense que tout lui revient, et qui marche comme si tout lui appartenait.
C’est un monde que j’ai beaucoup contemplé, sans en faire partie. Lorsque j’étais précepteur d’une jeune fille, avec laquelle j’ai un peu erré. Lors des assemblées de nobles, où j’accompagnais mon père. Lors de ces grands moments où j’ai rencontré l’évêque Absalon, jusqu’à me retrouver à lui coller aux bottes, de la Saxe jusqu’à la ville de Rome, de l’écume de Bretagne jusqu’au piémont des Pyrénées. Je suis pas Roland qui est mort en héros, après avoir passé une vie entière à faire des duels, à vivre en fraternité d’armes et de sang, en courtisant les jeunes filles et en participant des banquets gigantesques ; Tous les trucs qu’un chrétien devrait pas faire quoi. Mais il faut bien quelqu’un qui raconte l’Histoire de Roland.

L’évêque dit un truc à Hludovicus, celui-ci ricane et sourit avant de lui répondre. Puis il se met en avant, vite escorté de ses soudards aux trognes couvertes de cicatrices. Enfermé dans un petit carré de lanciers, je me retrouve à côté de l’évêque tout immaculé dans ses riches vêtements, et voilà qu’il me parle sur un ton amical.

« Alors mon bon Anschaire. À quoi je dois m’attendre pour demain ? Le monastère se porte bien ?
– Il se construit monseigneur, je répond passivement, étonné qu’il radote comme un vieillard alors qu’il n’a pas encore l’âge pour être sénile, malgré le blanc dans sa barbe.
– Oui, mais je veux dire : Il continue de fuiter quand il y a de la pluie ? Vous gelez l’hiver ? Vous prenez soin des livres ou bien ils ont tous été anéantis par l’humidité ?
– Il ne fuit plus. Il est mieux isolé. Mais ça reste un taudis de bois qui n’est pas encore pierré. On a eut des accidents de chantier, et le temps n’est pas clément.
– Cela met du temps à se terminer. Et les livres alors ? Les livres ? Je pensais que ce serait ce dont vous me parleriez en premier, vu votre obsession pour les livres !
– Alors s’il y avait un problème avec les livres, je vous en aurai parlé, monseigneur.
– Bien. Après tout ce temps perdu à Rome, à poursuivre des cardinaux jusque dans les maisons de passes où ils gaspillent leurs sinécures, vous auriez pu quand même pétitionner pour de la pierre et des serfs plutôt que pour des vieux parchemins sortis du fin fond des archives pontificales… Maintenant c’est Charlemagne en personne que vous devriez harceler.
– Ce bon chrétien… A-t-il une nouvelle concubine ? »

D’habitude mes petites piques ont le don de le faire rire. Surtout lorsque je les penses sérieusement, comme s’il s’agissait d’une accusation grave à peine voilée pour dénoncer, mais il les prend à chaque fois comme une simple boutade personnelle. C’est un homme intelligent et facétieux, ce Absalon. Dommage que ce soit en vérité un véritable diable malgré la Croix brodée de fil d’or qu’il porte sur son manteau.
Tenez. Vous voulez que je vous dise c’est quoi la première chose que je l’ai vu faire quand nous sommes arrivés en Saxe, il y a de cela quelques années déjà ?

C’était pendant la révolte de Widukind. Un village où beaucoup d’hommes, on les suspectaient, menaçaient de prendre les armes qu’ils cachaient dans la forêt depuis la conquête des francs chrétiens, pour lutter et libérer leurs terres, pour ramener les anciens Dieux qu’ils n’avaient jamais cessé de prier, la plupart n’étaient même pas baptisés parce que ce n’était pas encore obligatoire. Absalon il débarque comme ça, et il commence à dire directement à tous ces saxons superstitieux qu’ils sont bien idiots en croire en des dieux qui n’existent pas, puisque leurs dieux ne font rien quand on démoli leurs autels et qu’on brûle leurs arbres sacrés, notamment leur Irminsul, un arbre gigantesque déraciné alors que je n’étais qu’un enfant. Bien décidé de leur prouver que Dieu lui existait et se faisait agir, il leur proposa de leur prouver que Dieu existait réellement. Et sur ce, il leur demanda s’il était possible pour un homme de tenir une barre de fer brûlante.
Un putain de diable. Je crois sincèrement aux miracles, comme tout chrétien le doit. Mais quel genre d’homme est assez vicelard et horrible pour créer une imposture d’un miracle ? Il a lu ça dans des vieux textes alchimiques hérités des païens grecs, le genre qu’on hésite toujours à recopier, surtout quand ça parle de philosophie. Il a réussi à simuler la fumée et l’aspect de brûlant sur la barre de fer, qu’il a tenu entre ses mains sans les endommager, sans que sa peau se brûle et s’attache au métal. Mais lorsque tout le monde avait les yeux détourné, que tout le monde était parti à la rivière se faire baptiser, j’ai touché le métal, du bout du doigt, curieux que j’étais et que j’ai toujours été ; Il n’était pas plus chaud que de la neige.

N’empêche, cette fois, ma pique sur Charles le Grand ne le fait pas rire.

« Anschaire, je vous trouve bien prétentieux et hypocrite de vous moquer du manque de contrition personnelle du Roi. Vous même, vous n’êtes pas très regardant sur vos devoirs, n’est-ce pas ?
Vous pouvez m’expliquer le pourquoi du post-scriptum du prieur sur sa lettre qui me demande de venir à votre monastère ? Tenez, je vais simplement vous dire un prénom : Adela. »

Je me tais, et détourne le regard. Pendant quelques secondes, plus aucun bruit ne sort d’aucune bouche, et on n’entend plus que les cliquetis de fer des soldats qui nous accompagnent vers le manoir du comte Hludovic.

« Ah ! Soudain, plus rien à dire pour sa défense ! Allez, vous avez de la chance que moi je le prenne avec amusement, mais ce n’est pas le cas de votre prieur. Et pas sûr que ce soit le cas de vos ouailles également. Cette fille a un père et des frères vous savez, et malheureusement pour eux, le capitulaire sur les saxons de notre bon Roi Charles prévoit que le meurtre d’un homme d’Église soit condamné par la décapitation, comme ce cher saxon que vous défendez si honorablement. Je vous conseille donc de vous taire sur Charlemagne, parce que c’est bien grâce à lui et ses guerriers que vous pouvez oser vous permettre de manquer à vos devoirs.
Enfin, sérieusement frère Anschaire ! J’espère qu’elle en vaut le coût au moins ! »

Je grimace les dents. Je serre les poings. Je commence aussi un peu à rougir, de honte. Et le pire c’est qu’il continue, toujours avec le même rire.

« Mais bien sûr que je vais vous aider ! Vous pouvez pas rester ici, ça fera des problèmes. Quel dommage, quel dommage bon sang. Vous êtes un garçon très intelligent, très appliqué, si seulement vous n’étiez pas plus discret. Je veux dire, vous pouvez pas faire ça avec des filles rémunérées, comme tout le monde ? Ça doit être un romantisme mal placé ça, sûrement une mauvaise habitude prise à Rome. »

Ferme donc ta gueule enflure, faux dévôt, bâtard christianisé, orphelin arriviste.

« Mais bon. Vous avez de la chance d’avoir des amis comme moi frère Anschaire. J’ai une proposition à vous faire.
La terre des angles, par-delà la mer. Il y a là de bons chrétiens, mais encore peu de monastères. L’avantage du latin, c’est que vous pouvez voyager n’importe où en terre chrétienne ; Je connais quelques abbayes en train de se construire, et elles auraient bien besoin d’un homme appliqué comme vous. Je vous conseillerai bien pour devenir maître des novices, vous savez faire avec les jeunes et les livres, et puis ça vous permettrait de vous éloigner définitivement de la famille de damoiselle Adela.
Mais je vous en parlerai plus tard. Pour l’heure Hludovic nous invite à ripailler. »







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SKILGETINN
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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Dim 6 Mai - 17:06

Mon cher esclave moine hérétique ! Comme j'ai hâte de rp avec toi ! Même si ta religion n'a aucun sens, tu as le mérite que la nôtre n'est pas mieux. Heureusement tu as une maîtresse sympa, hehe !


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Okay, look, we both said a lot of things that you’re going to regret. But I’m not going to sit here one more minute and listen to you accuse me of things I clearly did. || FRIMELDA

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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Dim 6 Mai - 17:47




Bienvenue




Bienvenue sur Will of Gods Anschaire !
Un moine, voilà qui est fort curieux par ici. En voici un qui a la plume délicate et subtile prête à servir. Nos Dieux t'accueilleront certainement en notre monde reste à savoir si tu survivras à celui-ci. Tu es
validé !

Maintenant que ta présentation est validée, tu peux partir à l'Aventure avec un grand "A" mais pas si vite, voici quelques liens que nous te conseillons de visiter. Relations & Liens/Journal Rp/Réclamer ses points/Demande de Rp
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THRAELLAR
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Métier : Meunier

MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Dim 6 Mai - 20:36

Bienvenue frère Anschaire.  Very Happy Ça me fait chaud au cœur de voir un autre chrétien parmi ces barbares.
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SKJALDMÖ
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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Lun 7 Mai - 0:04

Bienvenu

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(c)Miss Pie

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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Lun 7 Mai - 10:18

Encore un chrétien et un moine en plus ! Bienvenue n'approches pas trop de moi je m'en porterais pas plus mal.
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DENGR
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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  Dim 3 Juin - 23:23

Un chrétien de plus dans nos terre, sache que j'aurai toujours un œil sur toi si toutefois nous devons nous croiser.

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MessageSujet: Re: Anschaire le Moine  

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